GENETIC JOYCE STUDIES - Issue 14 (Spring 2014)
 

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VI.B.17 a Reconstruction (Part I)

Daniel Ferrer

 

It is difficult to make sense of Buffalo Notebook VI.B.17 in its present dilapidated material state. Looking at the cropped photographs of volume 33 of the James Joyce Archive, the casual reader will not be aware that this notebook is not whole.[1] It no longer has any cover and it is composed of two separate gatherings of 68 (VI.B.17.1-68) and 36 pages (VI.B.17.69-104), in addition to a single loose leaf (VI.B.17.105-108). From Madame Raphael’s transcription (she transcribed the notebook twice in VI.C.5 and VI.C.11), we can infer that pages are missing, at least 8 pages (that is to say 2 leaves) and perhaps more.[2]

One of these missing leaves has resurfaced among the manuscripts recently acquired by the National Library of Ireland (NLI MS 36,639/19 1-4). With the help of Madame Raphael’s transcription, it is easy to see that NLI MS 36,639/19 1-2 used to come before VI.B.17.69 and NLI MS 36,639/19 3-4 used to follow VI.B.17.104. This, however, solves only a small part of the puzzle. To go further, the content of the notes must be taken into account. Fortunately, I have been able to identify a number of sources that help us to reconstruct the original sequence. We will see that this reconstruction allows us to understand some of the logic of Joyce’s reading.

The key is that the second Buffalo “signature” (VI.B.17.69-104) was originally inserted in the centre of the first, that is to say after page 34, with the NLI loose leaf in between. The greatest difficulty is the Buffalo loose leaf (VI.B.17.105-108). Apparently it was already loose when Joyce began to use it. Perhaps he tore it away from the centre, which may have started the dismantlement of the notebook. He used it just after NLI MS 36,639/19 3&4 and apparently mislaid it immediately, for he went back to the same source pages.

By the time Madame Raphael transcribed the notebook, it was already in its partly dismantled state, except for the NLI pages that still adhered to the central signature; the Buffalo loose leaf was already misled.[3]

 

The original order must have been this:

VI.B.17, p. 1 to 34

NLI MS 36,639/19 001-002

VI.B.17, p. 69 to 104

NLI MS 36,639/19 003-004

VI.B.17, p. 105 to 108

VI.B.17, p. 35 to 68

VI.C.11 p. 59

 

This is demonstrated by the sources that I have been able to identify:

William O’Brien, The Parnell of Real Life, London, T.Fisher Unwin, 1926

Sir Alfred Robbins, Parnell: The Last Five Years, Thornton Butterworth, 1926

Arthur Chervin, Bégaiement et autres maladies fonctionnelles de la parole, Paris, Société D'éditions Scientifiques, 1902

Canon Fleming, Boulogne sur Mer, St. Patrick's Native Town, Washbourne, London/ Benziger Bros, NY, 1907

Antoine de la Salle ed., One Hundred Merrie And Delightsome Stories: Right Pleasaunte To Relate In All Goodly Companie By Way Of Joyance And Jollity - Les Cent Nouvelles Nouvelles, tr. Robert B. Douglas, Paris, Charles Carrington, 1899

Alexander Bugge, A Contribution to the History of the Norsemen in Ireland, Videnskabsselskrabets Skrifter, II. Historisk-filosofisk Klasse, 1900, Christiania (Part I, The Royal Race of Dublin; Part II, Norse Elements in Gaelic Tradition of Modern Times; Part III, Norse Settlements Round the Bristol Channel)[4]

If we take the notebook pages in the sequence suggested above, we can see that the notes occur in the expected order. We no longer have to suppose that Joyce started reading from the middle of the books or used his notebook backwards:

VI.B.17, p. 1 to 34 (O’Brien - Robbins p. 16 to 87)

NLI MS 36,639/19 001-002 (Robbins p. 92-93)

VI.B.17, p. 69 to 104 (Robbins p. 104 to 197 - Chervin p. 20 to 318)

NLI MS 36,639/19 003-004 (Chervin p. 315 to 352 - Fleming p. 2)

VI.B.17, p. 105 to 108 (Fleming p. 3 to 43)

VI.B.17, p. 35 to 68 (Fleming p. 34 to 57 - Chervin p. 409 to 470 - de la Salle - Bugge I, p. 3 to III, p. 7)

VI.C.11 p. 59 (Bugge III, p. 37 to 42)

 

Now we must look at the detail of those sources, beginning with the longest:

- Arthur Chervin, Bégaiement et autres maladies fonctionnelles de la parole, Paris, Société d'Editions Scientifiques, 1902.

 Arthur Chervin (1850-1921) was the son of a provincial schoolmaster who had invented a method for the cure of stammering. He followed in the footsteps of his father, embraced the medical profession and became a respected and versatile scholar.

On the title page of the book, we are told that he was “Directeur de l'Institut des bègues de Paris, Président de la Société d'anthropologie, Membre du Conseil Supérieur de statistique, etc.” It is this versatility that makes his book such an entertaining read. Stammering and other speech defects are considered not only from historical, medical and orthophonic perspectives, but also from the point of view of ethnolinguistics and anthropology.

 

VI.B.17.082

(a)  rDean Swift & Rogers

FW 66.21

(b)  phonation

Chervin, Bégaiement 20: Tous les troubles de la pensée ont un retentissement plus ou moins marqué sur la phonation et en désorganisent par conséquent le jeu normal.

(c)   verbal deafness >

(d)  hearsay

        Chervin, Bégaiement 21: Ces désordres de transmission et de coordination sont de deux sortes. Les uns ont pour origine des troubles anatomiques. C'est l’aphasie, qui se décompose en autant de formes principales qu'il y a de fonctions du langage : fonction centripète ou de réception dont les troubles se nomment surdité et cécité verbales; fonction centrifuge ou de transmission dont les troubles se nomment aphémie et agraphie.

(e)   rzay zay >

FW 68.27

(f)   bverribally >

FW 410.10

FW 523.10

(g)  cloven palate >

(h)  no tongues >

(i)   harelip

Chervin, Bégaiement 22 : Si l'appareil vocal est atteint dans une de ses parties d'une malformation quelconque, c'est là une cause de troubles graves dans la phonation. C'est ce qui se produit, par exemple, dans les divisions palatines congénitales ou acquises, dans les becs-de-lièvre et dans les cas très rares d'absence de langue. / J'ajouterai encore les prononciations vicieuses, qui sont simplement le résultat d'un fonctionnement défectueux de la langue ou des lèvres. Elles constituent cette foule de défauts de prononciation que je désigne sous le nom générique de blésité, dont le zézaiement et le clichement sont les plus fréquents. / Je n'ai pas l'intention de décrire, dans ce petit volume, toutes les maladies de la parole. Je me contenterai d'aborder seulement — et le plus succinctement possible — un petit coin de la pathologie verbale.

(j)    squeakingtube >

(k)  bcircumcised lips

        Chervin, Bégaiement 26-7: [Exode] Chapitre VI

        V. 10. — « Dieu parla ensuite à Moïse et il lui dit :

        V. 11. — « Allez trouver Pharaon, roi d'Egypte, et parlez-lui afin qu'il permette aux enfants d'Israël de sortir de son pays.

        V. 12. — « Moïse répondit au Seigneur : Vous voyez que les enfants d'Israël ne m'écoutent point ; comment donc Pharaon m'écouterait-il, principalement étant comme je suis, incirconcis des lèvres ? »

Dieu le réconforte, le rassure en lui répétant qu'Aaron sera son porte-parole. Et, comme toutes ses objurgations paraissent inutiles, il finit par le gourmander d'importance.

        Mais rien n'y fait; le Prophète, pénétré de son infériorité, répète sans cesse comme un refrain qui l'obsède : « Je suis incirconcis des lèvres!» (Exod. VI. 30.)

        Le bégaiement assimilé à une incirconcision [27] des lèvres est bien une image biblique qui valait la peine d'être recueillie.

        Il faut dire cependant que cette expression est employée dans beaucoup d'acceptions différente : Incirconcis du cœur ; incirconcis des oreilles, etc.

? FW 483.33

(l)   bMoses bègue 5 ans

        Chervin, Bégaiement 27-8 : Il faut également noter ce qu'on nous raconte au sujet de la cause du bégaiement de Moïse.

        Le Talmud donne la légende suivante :

        « A l'âge de cinq ans, Moïse, étant tenu sur les genoux du roi, étendit la main vers la brillante couronne d'or que le roi portait sur la tête. Comme cet enfant adoptif, chéri par la fille du roi, avait des ennemis à la cour, les magiciens, [28] les interprètes et les hiéroglyphistes du roi lui firent accroire que ce mouvement était prophétique et qu'il indiquait que ce fils attaquerait la couronne du roi et le découronnerait. Ils lui conseillèrent donc de se défaire de lui et de le tuer. Le roi allait faire exécuter cet ordre, quand la princesse, intervenant et intercédant, lui fît observer que tout enfant désirait prendre de sa main un joujou brillant, quand il peut l'atteindre. « C'est ce que nous allons voir », répondit le roi. Il ordonne donc de mettre sa couronne sur un plateau d'une balance et sur l'autre des charbons ardents et brillants comme l'or et, prenant l'enfant sur ses genoux, Moïse allait saisir la couronne, quand un ange, détournant sa main lui fit prendre le charbon qu'il secoua vivement et qui lui tomba sur la lèvre.

        « L'enfant fut sauvé, mais ses lèvres furent brûlées. De là son défaut d'éloquence. »

        Sans attacher à toutes ces légendes plus d'importance scientifique qu'elles n'en ont, je ferai seulement remarquer que la cause du trouble de la parole s'est produit à l'âge de cinq ans, et que c'est précisément à cet âge que le bégaiement apparaît, le plus souvent, ainsi que je le dirai plus loin.

FW 463.30

(m) Moses Aaron Miriam

        Chervin, Bégaiement 29: Le Talmud nous dit que la mère de Moïse était extrêmement intelligente. Quant à Aaron, nous savons qu'il avait la réputation d'un homme habile à manier la parole. Il fut l'interprète, la bouche de son frère cadet Moïse, et nous le trouvons toujours à ses côtés, fidèle interprète de ses pensées. Miriam, leur sœur aînée, était elle aussi une femme remarquable. Elle était nabiah, c'est-à-dire prophétesse, poétesse comme Moïse. C'était, somme toute, une famille bien douée.

(n)  Rufus

        Chervin, Bégaiement 31: Guillaume le Roux, fils de Guillaume le Conquérant. [In a list of famous people who stammered.]

FW 122.17

(o)  Frankish

        Chervin, Bégaiement 33: Réginon, né à Altrip-sur-Ie-Rhin, près de Spire, vécut comme moine à Prüm, puis à Trêves, localités faisant partie du royaume de Lotharingie (Lorraine). Il recueillit une masse de renseignements concernant non seulement la Germanie et la Lotharingie, mais encore le royaume des Francs occidentaux (la France actuelle, en partie).

FW 315.36

(p)  bBoissy d’Anglass >

FW 485.06

(q)  bba be bi bo bu

        Chervin, Bégaiement 32: L'amiral d'Auhebant, Boissy d'Anglas, surnommé l'orateur ba bé bi bo bu, le peintre David, le critique Hoffmann, Camille Desmoulins, etc.

FW 259.09

(r)   b$E stutters to $S / $S ---- to $E

        Chervin, Bégaiement 33: Tallemant des Réaux a conté, quelque part, dans ses Historiettes, à propos de Louis XIII et de son infirmité, une anecdote qui s'est reproduite bien des fois.

        M. d'Alamont, seigneur de Molandry, parlait comme le roi ; celui-ci, la première fois qu'il voit le gentilhomme à la cour, lui parle en bégayant. D'Alamont lui réplique de même.

        Le roi, piqué de ce qu'il considérait comme une grave injure, allait donner l’ordre d'arrêter le mauvais plaisant, si on ne l'eût convaincu à temps de la bonne foi du chevalier d'Alamont.

(s)   b hesitency

VI.B.17.083

(a)  bWoowolfe

FW 467.15

(b)  bTuttut

FW 29.28

(c)   béguouis ^+béguois+^

        Chervin, Bégaiement 49: On trouve encore le mot beguois, plaisamment imaginé par des Periers pour signifier le langage des bègues :

        Il luy respondoit tantost en langage jurois, tantost en beguois.

FW 242.18

(d)  bdocandoilish $/[

        Chervin, Bégaiement 55: Les mots sont beaucoup plus sonores dans la langue d'oc que dans la langue d'oïl.

FW 466.23

(e)   bret (provenç = bègue)

        Chervin, Bégaiement 56: Mistral nous dit que : « Le langage des Bretons étant inintelligible pour les Provençaux, ces derniers ont donné aux bègues le nom de bret et de bretouns ».

(f)   bimpediment

        ?Chervin, Bégaiement 114: Nous trouvons dans les Rapports sur le recrutement de l'armée, publiés par la section de la médecine militaire, des renseignements statistiques intéressants sur les causes d'exemptions constatées lors de l'inspection médicale des jeunes gens, et notamment chapitre V, sous le n° 13, les cas d'impediment of speech.

        Pendant la période décennale 1886-1895, 606,285 jeunes gens ont demandé à s'enrôler. Sur ce nombre, 354,677 seulement ont été déclarés bons pour le service, après examen des médecins militaires. 1,024 n'ont pas été acceptés comme étant atteints de bégaiement (impediment of speech), soit une proportion de 2.87 pour 1,000.

?FW 596.23

(g)  tha heckups

?Chervin, Bégaiement 76: LANGUES SLAVES […]La racine de la plupart de ces mots paraît être zaïkati, qui veut dire : avoir le hoquet.

D'autres pensent que le mot russe zaïka (bègue) veut dire parler ik ik ik. Ce serait donc une onomatopée.

(h)  in oceanic

Chervin, Bégaiement 71: Dans nombre de circonstances, surtout dans les langues africaines, américaines et océaniennes, il semble bien qu'on ait affaire à une onomatopée exprimant, par la répétition de la même syllabe, la difficulté qu'éprouvent les bègues.

(i)   tartagliar

Chervin, Bégaiement 72: Italien

Balbettare  Balbuzie  Balbuziente

Tartagliare

(j)    gaggag

Chervin, Bégaiement 89: Malais

Gagap  Gagap  Orang gagap

(k)  noush

(l)   strangles Pocacatapetle

?Chervin, Bégaiement 87: LANGUES PRÉCOLOMBIENNES

Elmimiqui — —

Eltzatzacui — — '

Popoloni — —

 

(m) gWho’s alive then?

?Chervin, Bégaiement 87: LANGUES INDIGENES VIVANTES

(n)  fire causes stutter

        Chervin, Bégaiement 143: « Jusqu'à l'âge de six ans, m'écrit-il, je parlais sans aucune difficulté, quand, une nuit, le feu dévora notre maison. La flamme avait déjà envahi les deux premiers étages, et j'habitais le troisième. Il n'y eut d'autre moyen de me sauver la vie que de me jeter par la fenêtre. Quatre hommes tenant des couvertures remplies de laine me reçurent et m'empêchèrent de me tuer dans ma chute. « Après cet accident je restai deux jours dans un effroi continuel, sans pouvoir dire une seule parole. Le troisième jour la parole me revint, mais je bégayais. »

VI.B.17.084

(a)  fishplate

(b)  bTomsky

?Chervin, Bégaiement 127: SIBÉRIE DU SUD :

Tobolsk, Enisseï, Iakoutsk, Irkoutsk, Transbaïkalie, Tomsk

FW 509.05

(c)   bStutterers’ Corner / (Finisterre)

?Chervin, Bégaiement 104: SUR 1000 CONSCRITS EXAMINÉS AU POINT DE VUE MÉDICAL PAR LES CONSEILS DE RÉVISION, 1886 à 1895, COMBIEN ONT ÉTÉ EXEMPTÉS COMME ATTEINTS DE BEGAIEMENT?

[In this table, the figure for the department of Finistère is exceptionally high, second only to Côtes-du-Nord. Similarly, the figure for South Siberia (see b) comes in the second place among Russian groups.]

FW 531.35

 

[…]

 

VI.B.17.087

(g)  gpapapardon

        Chervin, Bégaiement 142-3: Une fillette qui avait commis quelques peccadilles est enfermée dans un cabinet noir. Le papa, dans l'intention de fendre la leçon plus profitable, grossit sa voix et lui annonce que le croquemitaine va venir la chercher. La fillette pousse des cris, le père fait la sourde oreille. Puis, lorsqu'il pense que la punition a assez duré, il fait sortir l'enfant, qui, pâle et défigurée, [143] se jette à ses pieds toute tremblante en lui demandant papapardon. Elle reste bègue.

FW 445.17

(h)  chute >

(i)   bcoup de fouet JJ CSP >

(j)    bdiscipline SP >

        Chervin, Bégaiement 141: Causes. — Toutes les émotions violentes: peur, chute, mauvais traitements, peuvent occasionner le bégaiement, sans pour cela qu'une lésion organique du cerveau intervienne.

(k)  bluna T

(l)   bangel’s look $[

(m)  imitate stutter

        Chervin, Bégaiement 145: Que l'imitation soit volontaire, comme cela arrive pour les petits espiègles qui se moquent d'un serviteur, d'un voisin ou d'un camarade atteint de bégaiement en contrefaisant sa manière de parler ; que l'imitation soit involontaire, comme dans le cas d'enfants qui vivent avec des bègues et qui par conséquent reproduisent leur manière de parler par une sorte de contagion morale, il est certain que l'imitation joue un très grand rôle dans la production du bégaiement.

        Aussi ne saurait-on surveiller avec assez de soin la parole des enfants.

(n)  $E Lear Zacconi

(o)  breviary ready

        Chervin, Bégaiement 148: On sait qu'il est enjoint à tous les prêtres de lire chaque jour le bréviaire. Il faut que les prières soient lues et non récitées, et, de plus, qu'elles ne soient pas seulement lues des yeux, mais encore qu'elles soient prononcées, articulées. Comme l'office est souvent très long et qu'il demande, par conséquent, beaucoup de temps, cette lecture articulée se fait naturellement assez vite. D'un autre côté, il va sans dire qu'au bout d'un certain nombre d'années la plupart de ces prières sont sues par cœur.

        Il en résulte que les yeux, la mémoire, la langue, les lèvres, qui devraient travailler en même temps, fonctionnent avec une véritable incohérence.

(p)  rgoatvoice

FW 520.12

(q)  gspeak with inspiration

        Chervin, Bégaiement 151-2: Quiconque examine attentivement un bègue constate, en effet, que le rythme respiratoire est détruit chez lui. C'est là le symptôme important dont le plus ou moins de gravité fixera le pronostic.

        Physiologiquement, l'air employé à produire des sons articulés doit pénétrer sans effort dans les poumons en passant par la bouche et suivre le même chemin à sa sortie.

        Il s'ensuit que le rythme respiratoire se compose de trois temps :

        1° repos ;

        2° inspiration buccale ;

        3° expiration buccale:

        Ces trois temps doivent se succéder sans interversion, la parole devant se produire uniquement et exclusivement pendant l'expiration.

        Or, chez le bègue, les choses ne se passent pas toujours avec cette régularité.

        1° Celui-ci veut parler pendant l'inspiration, [152] à la façon des ventriloques ; et, de plus, au lieu de prendre l'inspiration naturellement et sans effort, il aspire l'air violemment, bruyamment.

FW 436.21

VI.B.17.088

(a)  bnot stutter alone / singing or, angry

         Chervin, Bégaiement 156: en général, que le bégaiement soit très marqué ou qu'il soit faible, si la personne est seule dans sa chambre, elle ne bégayera plus; elle lira, tant qu'on voudra, toute seule ; elle se fera des petits discours à elle-même, elle ne bégayera pas.

         Chervin, Bégaiement 141: Les signes du bégaiement vrai sont au nombre de quatre :

         1° Début dans l'enfance ;

         2° Troubles respiratoires plus ou moins marqués ;

         3° Intermittence ;

         4° Disparition totale dans le chant.

         Chervin, Bégaiement 157: S'il est en colère, oh ! alors ce n'est plus du bégaiement: chez quelques-uns, c'est du mutisme complet ; chez d'autres, au contraire, la parole coule comme de source.

??? FW 116.01?

(b)  gif prompted

         Chervin, Bégaiement 157: Si on a le soin de parler avec le bègue ; si, devinant les mots qu'il va prononcer, on les lui dit à l'avance, il est considérablement aidé.

FW 466.22

(c)   K phobes “f” >

(d)  A priend of mine

         Chervin, Bégaiement 165: Cette phobie va si loin que j'ai connu un bègue qui avait changé de nom parce qu'il le trouvait trop difficile à prononcer. Son nom commençait par l'explosif P ; il l'avait fait suivre d'un h pour transformer le P en PH ou en F, qu'il trouvait plus facile à dire.

(e)   b$/\ imitates $E

         Chervin, Bégaiement 145: Il en est d'autres enfin, et en très grand nombre, qui ont appris à bégayer par imitation.

         Que l'imitation soit volontaire, comme cela arrive pour les petits espiègles qui se moquent d'un serviteur, d'un voisin ou d'un camarade atteint de bégaiement en contrefaisant sa manière de parler ; que l'imitation soit involontaire, comme dans le cas d'enfants qui vivent avec des bègues et qui par conséquent reproduisent leur manière de parler par une sorte de contagion morale, il est certain que l'imitation joue un très grand rôle dans la production du bégaiement.

(f)   bstutters on vowels

         Chervin, Bégaiement 156: En général, on bégaye moins sur les voyelles que sur les consonnes. La raison en est simple : les voyelles sont des sons simples ; les consonnes, au contraire, sont des accidents de ces sons simples.

(g)  gconsidering

         ?Chervin, Bégaiement 161-2: Cette phobie verbale est assez forte pour suspendre complètement la volonté et le raisonnement du sujet qui, malgré tous ses efforts, ne peut y échapper. C'est en vain qu'il emploie des [162] procédés détournés pour se tromper lui-même. Cette peur, et je dirai même : la peur d'avoir peur, immobilise complètement ses moyens vocaux. Il est en quelque sorte sidéré par la crainte de rencontrer les lettres ou les mots et, lorsqu'il les voit de loin, dans la lecture ou dans la conversation, il annonce qu'il ne pourra pas les dire, qu'il en est persuadé d'avance et que rien ne pourra l'amener à les bien prononcer.

(h)  phobic each day >

(i)   prefix to “f”

Chervin, Bégaiement 164-5: J'ai dit que les phobies verbales portent tantôt sur des lettres, tantôt sur des mots, tantôt sur des phrases. Examinons brièvement chacun de ces cas.

1° Le phobique verbal a peur de certaines lettres qui le plus souvent sont des consonnes. Mais ces lettres ne sont pas toujours les mêmes. Sa crainte varie souvent d'objet : à certains jours, c'est une consonne qui lui cause de l'effroi ; d'autres jours, ce sera une autre consonne. Il s'auto-suggestionne chaque jour, en quelque sorte, au sujet d'une lettre ou d'une série de lettres qui lui apparaissent comme impossibles à prononcer. Et, une fois qu'il s'est persuadé que telle lettre est "difficile, il éprouve une véritable angoisse chaque fois que cette lettre apparaît au cours de ses lectures ou de ses conversations. J'ajoute que si, par hasard, il n'éprouve pas de difficulté pour la prononcer, il ressent une véritable surprise, presque une déception ; mais il est convaincu d'avance que cette facilité ne se reproduira pas.

Au début, il s'ingénie à pallier la difficulté ; le plus ordinairement, il emploie le stratagème suivant : Il fait précéder la lettre phobique d'un préfixe quelconque : parfaitement, et, mais, etc. Dans sa pensée, cette agglutination facilite beaucoup la prononciation de la consonne difficile en amalgamant, en quelque sorte, la lettre phobique [165] à un élément facile, de manière à noyer la difficulté dans un ensemble plus aisé à prononcer. Il va sans dire que la persuasion où se trouve Je malade de pouvoir dissimuler sa difficulté rend celle-ci moins fréquente. Mais, comme la phobie verbale n'est en somme qu'un phénomène surajouté, épisodique, le bégaiement ne disparaissant pas complètement, le malade change fréquemment de préfixe et passe son temps à la recherche du préfixe libérateur. Ne parvenant pas à le trouver, il se désespère et la phobie continue à s'accentuer.

Cette phobie va si loin que j'ai connu un bègue qui avait changé de nom parce qu'il le trouvait trop difficile à prononcer. Son nom commençait par l'explosif P ; il l'avait fait suivre d'un h pour transformer le P en PH ou en F, qu'il trouvait plus facile à dire.

(j)    P.P. phobie de phrases

        Chervin, Bégaiement 168: 3°. — Les phobies verbales qui portent sur des phrases entières sont plus curieuses encore, c'est principalement chez des bredouilleurs que je les ai rencontrées. Elles apparaissent seulement dans la récitation ou la lecture de choses parfaitement sues par cœur. C'est ordinairement chez des ecclésiastiques que je les ai observées, et dans les conditions suivantes : J'ai vu des prêtres absolument incapables de réciter à haute voix une prière entière qu'ils savaient cependant parfaitement par cœur; tel le Credo, le Pater, etc., Le commencement de la prière allait bien ; mais, arrivés à un certain endroit, toujours le même, malgré tous leurs efforts, ils sautaient une phrase, deux phrases, et arrivaient d'un trait, d'un bond pour ainsi dire, à la fin de la prière, à la grande surprise de leur auditoire et à leur confusion personnelle.

(k)  Epiphenomena

        Chervin, Bégaiement 170: Il ne faut pas oublier que la phobie verbales [sic] n'est qu'un épiphénomène du bégaiement.

(l)   $E $/\ amusical

        Chervin, Bégaiement 171: A la vérité, j'ai vu très exceptionnellement (dans la proportion de 1 pour 1000, environ) le bégaiement ne pas disparaître complètement chez certains sujets lorsque je leur demandais de chanter. Mais il faut dire que ces bègues ne savaient pas moduler leur voix, les uns parce qu'ils étaient atteints d'amusie, les autres parce que, n'ayant jamais chanté, ils ne savaient pas chanter même les rythmes les plus élémentaires, comme Au clair de la lune. Dans l'espèce de récitatif aussi faux qu'arythmique qu'ils essayaient de fredonner, leur bégaiement diminuait mais ne disparaissait pas entièrement.

FW 365.08

(m) rX 4 causes

        Chervin, Bégaiement 171: Tels sont les quatre signes pathognomoniques qui, lorsqu'ils sont observés chez un malade, permettent d'affirmer qu'on est en présence du bégaiement vrai.

not found in FW

(n)  bI sudder at the / thought

         Chervin, Bégaiement 180: Le premier cas cité, qui est rapporté tout au long dans le Livre des Juges, chap. XII, § 6, dans l'histoire de Jephté) [sic] montre clairement que les Ephraïnites substituaient dans la prononciation la chuintante CH à la sifflante pure S. Cette histoire rappelle assez celle des Vêpres siciliennes avec le mot- « de touche » ciceri, que les Français ne pouvaient articuler convenablement tchitchéri.

FW 487.04

 

[…]

 

VI.B.17.091

(g)  rshibboleth / sibboleth >

                                                                                                                                                                                                            ? FW 267.20-21.10

(h)  rciceri (Vespres Siciliennes)

        Chervin, Bégaiement 180: Le premier cas cité, qui est rapporté tout au long dans le Livre des Juges, chap. XII, § 6, dans l'histoire de Jephté) [sic] montre clairement que les Ephraïnites substituaient dans la prononciation la chuintante CH à la sifflante pure S. Cette histoire rappelle assez celle des Vêpres siciliennes avec le mot- « de touche » ciceri, que les Français ne pouvaient articuler convenablement tchitchéri.

? FW 152.10

 

[…]

 

VI.B.17.092

(a)  Pentecostogdoey 58th

(b)  Battes’ ‘K’ tie >

(c)   You pres[s] & Ka >

(d)  toothpick hollow for labials >

(e)   button under tongue linguals

         Chervin, Bégaiement 200: On pouvait voir, à l'Exposition universelle de 1867, trois petits instruments très mignons destinés à parer à trois circonstances principales des difficultés propres aux bègues. Pour les gutturales, l'inventeur, M. Battes, de New York, avait imaginé une cravate spéciale, qui avait pour but de presser sur le larynx lorsqu'il y avait une gutturale à faire sortir : vouliez-vous prononcer le mot casque, par exemple, vous portiez la main à votre cravate, vous pressiez sur une petite vis, et le K sortait tout seul. C'était ingénieux.

         S'il n'y avait qu'une seule lettre difficile on aurait pu s'en contenter à la rigueur ; mais il y avait encore les labiales, qui sont quelquefois fort gênantes. M. Battes avait inventé un petit cure-dents qu'on plaçait dans un coin de la bouche, ce qui, disait-il dans son prospectus, est très à la mode. Lorsqu'une lettre labiale avait à se prononcer, on soufflait dans le cure-dents, la contraction disparaissait et on était sauvé. Il y avait enfin un troisième appareil qui se plaçait sous la langue pour les lettres linguales.

         On voit d'ici ces trois appareils en fonctionnement, et le véritable doigté qu'il était nécessaire de posséder pour pouvoir parer à toutes les circonstances voulues. C'était une éducation de télégraphiste à faire.

 

[…]

 

VI.B.17.093

(q)  rorthophone

         Chervin, Bégaiement 199-200: On comprendra donc les réserves que je for- [200] mule expressément, sur l'assimilation qu'on est tenté de faire entre tous ceux qui pratiquent l'orthophonie.

         But see also source at 92(e).

FW 38.36 “orthophonethics”

(r)   rlaid to (attributed)

?Chervin, Bégaiement 198: Tous se réclament de la gymnastique de la parole. Mais j'ai déjà dit que cette expression [198] est trop vague pour qu'on puisse lui attribuer une portée thérapeutique précise et permettre de placer sur la même ligne tous ceux qui déclarent suivre cette voie.

 FW 34.34

 

[…]

 

VI.B.17.099

(m) Lambdacism    ‘Melican’ >

         Note: ‘Melican’: Classic example of lambdacism : Chinese pronouncing “American” as “Melican”. This example is not found in Chervin. This entry and the two following ones indicate that J consulted a dictionary or another source, while he was reading Bégaiement.

(n)  rhotacism   corp { oris / us >>

         Note: Corpus, corporis. Classic example of etymological rhotacism. Not found in Chervin, Bégaiement although the world rhotacism appears further in the book.

VI.B.17.100

(b)  itacism Dedalos

         Chervin, Bégaiement 276: Ce n'est pas toujours sous le nom de blésité que ces défauts de prononciation sont connus. Leur nom varie avec les régions ; on les nomme : zézaiement, sigmatisme, clichement,blésement, sesseyement, grasseyement, jotement, jotacisme, chuintement, lambdacisme, lallation, gammacisme, mytacisme, accent auvergnat, picard, gascon, allemand, parler phoebus, charabia, etc., etc.

         Note: Itacism. This form of vicious Greek pronunciation is not found in Chervin, Bégaiement. Neither is the word “Dedalos”.

(c)   lisping to look young

         Chervin, Bégaiement 276: Dans le même ordre d'idées, je dirai que de Courchamps, dans les « Souvenirs de la marquise de Crequy », raconte que « la duchesse de Chaulnes zézayait pour se rajeunir ».

(d)  ses sarmes >

(e)   ang anzelique >

(f)   honneu

         Chervin, Bégaiement 279-80: On se rappelle, en effet, l'époque des incroyables et des merveilleuses, où il était de bon ton de zézayer horriblement. Non seulement les incroyables avaient banni la lettre r de leur vocabulaire, mais ils remplaçaient aussi le [280] ch par un s et le j par un z, ce qui leur faisait dire : Paole d'honneu panassée ; visaze anzélique ; les sarmes d'une belle. Si nous n'avions mieux à faire, nous donnerions un passage du Journal des incroyables qui est complètement écrit dans ce langage ridicule.

(g)  figere fizer ozcula

        Chervin, Bégaiement 280: J'ajoute que les raffinements de la mode avaient fait déjà commettre la même sottise aux. Romains de la décadence. En effet, si l'on en croit les historiens, les jolies femmes de Rome avaient adopté la mode de substituer dans leur prononciation le z au g ou à l's et disaient, par exemple : fisere ozcula pour figere oscula (donner des baisers).

(h)  pselloi >

(i)   tranloi ‘Melican

         Chervin, Bégaiement 280-1: Faut-il rappeler, enfin, qu'Alcibiade remplaçait les r par des l et que les Athéniens trouvaient cette prononciation charmante dans la bouche de leur enfant gâté ? Il faut avouer qu'au témoignage de Suidas, c'était un défaut assez commun à Athènes. « Nous appelons tranloi, dit-il, ceux qui prononcent l au lieu de r, [281] et yelloi ceux qui, en parlant, suppriment une lettre ou même une syllabe. »

Note: ‘Melican’. See 099(m).

(j)    Fr = lisped latin

Chervin, Bégaiement 281-2: On ne saurait méconnaître, également, que la blésité correspond, en bien des points, aux phénomènes qui ont présidé à la transformation du latin en français. Il ne faut pas s'en étonner, puisque ces dernières proviennent en grande [282] partie de l'inexpérience des peuplades de l'ancienne Gaule lorsqu'elles eurent à adapter leurs habitudes phonatrices à la prononciation des consonnes latines.

(k)  lispers

Chervin, Bégaiement 287: Il faut ajouter que, par suite d'habitudes locales de prononciation, la blésité est pour ainsi dire à l'état endémique dans certaines provinces: en Auvergne, en Provence, en Gascogne, en Picardie et dans les Flandres. Enfin, on sait que le th anglais et le z espagnol ont une prononciation vicieuse qui se rapproche de la prononciation blésée de l's français.

(l)   forgot from lesson / to lesson

Chervin, Bégaiement 289: Pour en revenir à la blésité, on voit qu'un examen attentif du sujet est indispensable pour orienter le traitement.

Quant au pronostic, il est toujours favorable. Je ne fais d'exception que pour certains amnésiques verbaux qui oublient, d'une leçon à l'autre, ce qu'on leur apprend.

(m) no hearing          deafness >

(n)  fine hear accent >

(o)  bad ---                  blesité

Chervin, Bégaiement 289: Pour me résumer, je dirai que l'absence de l'ouïe, cause la surdi-mutité ; la finesse de l'ouïe, donne naissance aux accents locaux et aux inflexions de voix héréditaires, et enfin l'imperfection de l'ouïe amène les défauts de prononciation tels que le zézaiement, le clichement, etc.

(p)  blearned from his lips

VI.B.17.101

(g)  Silence(d)!

(h)  zouzou >

(i)   sien

        Chervin, Bégaiement 290: LA SUBSTITUTION d'une consonne à une autre a lieu, le plus souvent, par la permutation d'une des quatre consonnes avec l'une quelconque des autres.

        Exemples : chauchichon, pour saucisson,

        céro, — zéro.

        sien, — chien,

        zouzou, — joujou.

(j)    my (t)aunt T >

(k)  me ante

        Chervin, Bégaiement 291-2: Le T est une des consonnes que les enfants prononcent le plus facilement et qu'ils substituent le plus communément à celles qui leur offrent quelques difficultés d'articulation (totiton pour saucisson, tien pour chien). Faut-il voir un lien entre la prédilection des enfants pour cette lettre et la prédilection que semble lui avoir vouée la langue française? Toutes les fois qu'il s'agit d'éviter un hiatus ou une cacophonie dans la formation d'un mot, nous intercalons un t [292] euphonique (voilà-t-il, aime-t-il, ma-t-ante au lieu du vieux mot français ma ante, etc).

(l)   (j)ou)(j)ou

(m) ch/er/ch/er

        Chervin, Bégaiement 292-3: Il arrive quelquefois que la blésité n'est caractérisée ni par la substitution, ni [293] par la déformation d'une de ces quatre consonnes, mais par sa suppression complète.

        Exemples : o..i..on, pour saucisson.

        in..o..lin, — zinzolin.

        er..er, — chercher,

        ou..ou, — joujou.

VI.B.17.102

(a)  P scarcely Germ. Letter >

(b)  fschue >

(c)   fpatrick

        Chervin, Bégaiement 294-5: Dans certaines grammaires françaises à l'usage des [295] Allemands, on voit imprimé que le son ji français se prononce fchü.

        « Un Allemand aura de grandes chances de mal prononcer le j . De même un Français, en Allemagne, est reconnu assez facilement à ce qu'il prononce incorrectement le ch allemand, auquel il donne le son du sch allemand.

        « Il en est à peu près de même pour la lettre p, qui est à peine une lettre allemande. Si l'on prend, en effet, un dictionnaire allemand à la lettre P, on constate que plus de la moitié des mots est d'origine étrangère. A part les mots qui commencent par la diphtongue pf, comme pferd (cheval), les autres sont presque toujours des mots importés. Le son p est donc peu familier aux Allemands, qui prononcent plutôt B. Pour ces deux raisons, un Allemand qui voudra dire un pigeon, prononcera bichon.

(d)  rue de la Poesie

        Chervin, Bégaiement 295: Une dame de nos amies, demeurant rue de la Boétie, étant allée à Strasbourg, a donné son adresse de vive voix à un monsieur qui devait lui envoyer un renseignement à Paris. Ce monsieur qui, sans doute, ne connaissait pas l'ami de Montaigne, lui adressa sa lettre rue, de la Poésie : elle l'a reçue, ce qui fait honneur à la perspicacité de la poste...

(e)   shocking headache

        Chervin, Bégaiement 296-7: Il va sans dire que ces prononciations vicieuses si répandues et si choquantes pour nos oreilles [297] françaises, peuvent se corriger et disparaître complètement.

(f)   faux veaux- / felin velin / peau (b) / pas (bas) / pont (bon) / toit doigt / teinte dinde / cage gage /cou gout

         Chervin, Bégaiement 297: Elles occasionnent souvent des coq-à-1'âne par suite de la substitution, dans un mot, d'une consonne douce à la forte correspondante ou vice-versa, ce qui dénature le mot et lui donne quelquefois un sens tout à fait différent.

         Voici quelques exemples de cette permutation :

        Substitution du F au V :

        falloir au lieu de valoir,

        faux — veau,

        félin — vélin.

        Substitution du P au B :

        pont au lieu de bon

        pas — bas.

        peau — beau.

        Substitution du T au D :

        teinte au lieu de dinde,

        toge — doge,

        toit — doigt.

        Substitution du K (c dur, Q et K) au Gue

        cage au lieu de gage,

        cou — goût,

        quérir — guérir.

(g)  darcon >

(h)  dent

Chervin, Bégaiement 299: 2° PERMUTATION ENTRE LINGUALES EXPLOSIVES

         Ces permutations se rencontrent fréquemment. En voici quelques exemples :

        Gue remplacé par D :

        darçon au lieu de garçon,

        dent — gant,

        daim — gain.

Note: (g) and (h) are in the right margin.

(i)   writing a lot of letters / & never / sending / them

VI.B.17.103

(a)  malheur  valhe ^+valeur+ >

(b)  main                    pain ^+vin+^

        Chervin, Bégaiement 298: Reste donc les permutations avec la lettre M ; en voici quelques exemples :

         V remplacé par M :

         malheur au lieu de valeur,

         mérité — vérité,

         main — vin.

(c)   mère                    père >

(d)  main                    bain >

(e)   apsence (pop Quintilian 

         Chervin, Bégaiement 299: B ou P remplacé par M :

        main au lieu de bain,

        malle — balle,

        mien — bien.

        mère au lieu de père,

        main — pain,

        massif — passif.

         B devant S se change souvent en P dans le langage populaire : apsoluement pour absolument ; apstenir pour abstenir ; apsence pour absence. Quintilien atteste que cette prononciation existait chez le peuple de Rome.

                                                                                                                                                                                                                                                FW 432.25

(f)   samedi (sabbatidiem)

         Chervin, Bégaiement 299: Quant à b remplacé par m, il n'y a pas d'autres exemples que samedi pour sabedi (sabbatidiem).

(g)  nier                      lier >

(h)  ravir                     navire >

(i)   lavage                  ravage >

        Chervin, Bégaiement 300: Les permutations entre les liquides n, l, r, sont des plus communes, soit dans le langage, soit dans l'étymologie. Exemples :

        L remplacé par N ou réciproquement :

         nier au lieu de lier,

         noix — loi.

         nouer — louer.

         N remplacé par R ou réciproquement :

         ravir au lieu de navire,

         reine — naine,

         rente — Nantes.

         R remplacé par L ou réciproquement :

         lame au lieu de rame

         lampe — rampe,

         lavage — ravage.

(j)    pellegrim >

(k)  libel         ribal

        Chervin, Bégaiement 300-1: Du point de vue linguistique, M. Talbert dit que sans chercher des exemples de permutation entre liquides dans le langage populaire, [301] on en trouve d'innombrables dans le français le plus pur.

           Latin                Français

N = R diacnus   diacre

N i= L orphanus            orphelin

L = N libellum niveau

R = L peregrinus pélerin

L = R navilium             navire

(l)   deer of S. Patrick’s

(m) bpalegrim

See (k) for source.

FW 483.33

(n)  bontail file queval

Chervin, Bégaiement 300-1: Il existe encore un grand nombre d'articulations vicieuses, spéciales à certaines contrées et qu'on peut ranger dans la catégorie des blésités diverses. De ce nombre se trouvent les prononciations suivantes : campane pour campagne; file pour fille; boutèle pour bouteille; queval pour cheval ; mouk pour mouche, etc.

(o)   $[ Zem $/\ Zaun

(p)  bshampain went to / his head

407.31

VI.B.17.104

(a)  b(ll)eau

        Chervin, Bégaiement 301 : DÉFORMATION. — Lorsque l'articulation est accompagnée de grimaces ou de positions vicieuses de la langue ou des lèvres, il en résulte, comme pour les soufflées, une sorte de sifflement qui vient se surajouter à la consonne fondamentale en produisant un son rappelant celui de la double ll mouillée.

         Exemples : fllatal, pour fatal

    blleau, — beau.

(b)  bon bon

        Chervin, Bégaiement 301: ELISION. — Enfin, quelquefois, les consonnes sont purement et simplement supprimées.

        Exemples : ar..antua, pour Gargantua.

        on..on, — bonbon.

(c)   idioglossary

        Chervin, Bégaiement 303: On vient de voir combien sont nombreuses les variétés de la blésité.

        Il en est d'autres encore qui échappent à toute classification; c'est un véritable langage spécial, une sorte d'idioglossie imaginée de toutes pièces par le malade et qui ne se rapporte à rien.

Note: (c) is in the right margin.

FW 423.09

(d)  patwhat >

FW 17.14-15

(e)   le roué (roi)

        Chervin, Bégaiement 302: On sait que dans le parler patois notamment, la prononciation de certaines diphtongues est considérablement modifiée (loué, moue, roué, pour toi, moi, roi, etc.).

FW 497.22

(f)   4Rs          

(g)   56 vibs / 80 – >

Note: In the right margin.

(h)  burring / roll / rumbl / rattling

        Chervin, Bégaiement 304-5: Donders, qui a fait des recherches particulières sur la consonne R, en distingue quatre variétés. Sans entrer dans les détails de cette très intéressante étude, nous dirons que, d'après ce savant, le nombre des vibrations simples caractéristiques de l'R normal varie entre 60 et 70 par seconde, tandis que l'R du grasseyement ne correspond qu'à un nombre de 38 à 56 vibrations simples par seconde.

        J'ajoute que le grasseyement existe non seulement en français, mais aussi dans toutes les langues. « L'un des défauts d'articulation les plus répandus en anglais, dit le D' J.-Benj. [305] Hellier, de Leeds, c'est l'incapacité de prononcer correctement (Rattling, Burring) la consonne r, notamment dans les mots orrery ou arrowroot. Le vers suivant sert de critérium à ce sujet :

        Round the rugged rocks the ragged rascals ran.

(i)   travail / tdavail / tedavail / td / tra

        Chervin, Bégaiement 308: « Il conviendra de choisir pour les premiers exercices un mot dans la composition duquel il n'entre qu'un seul r : la première lettre de ce mot sera un t, et précédera r : par exemple le substantif travail. L'on écrira tdavail, en substituant un d à r ; alors l'élève, auquel il aura été recommandé d'effacer de sa pensée l'idée de la lettre r, prononcera plusieurs fois le f et le d séparément, en unissant toujours la fin du mot, ainsi : t, d, avail. Insensiblement il ajoutera un e muet entre f et le d, et divisera ce mot nouveau en trois syllabes : te-da-vail. Cet exercice ayant-été fait à diverses reprises, le même mot sera prononcé dans une seule impulsion de la voix, mais lentement : tedavail. Successivement on le prononce plus rapidement; dans la vitesse de l'articulation, l'e qui avait été introduit se retranche et laisse tdavail. L'on continue à faire prononcer le mot le plus précipitamment possible, en unissant intimement le son du t avec celui du d et en imprimant plus de force à l'articulation de la première lettre.

Note: In the right margin.

(j)    eunukoid

        Chervin, Bégaiement 314: On désigne sous le nom de voix eunukoïde, voix de châtré, voix de fausset, voix de soprano, voix de tête, voix infantile, etc., un trouble particulier de la voix parlée caractérisé par une exagération d'une octave environ sur le timbre, habituel de la voix normale.

(k)  I thank you for all

(l)   you will do

(m) glottis

        Chervin, Bégaiement 318: Dans tous les examens laryngologiques pratiqués par M. Garel chez des sujets présentant le type de voix eunukoïde, il a toujours trouvé que les cordes vocales prenaient, pendant l'émission des sons, la position de la voix de fausset, et jamais cet auteur n'a trouvé la glotte en V signalée par Fournie.

(n)  tenoreen >

(o)  bnormal conquest

        Chervin, Bégaiement 318: Chez l'eunuchoïde, le larynx ne présente pas la petitesse du larynx de l'eunuque, ni même celle du larynx du tenorino. Il est normal, parfaitement développé et en rapport avec la taille et l'âge de l'individu.

NLI MS 36,639/19 003

(a)  chest $/\ >

(b)   $K (la mue) answers in 2 voices

        Chervin, Bégaiement 315: Je me borne à dire que la voix eunukoïde n'est pas, à mon avis, le résultat d'un arrêt de développement ou d'un défaut organique des organes laryngiens ou génitaux, mais d'un trouble fonctionnel dans l'émission et la pose de la voix. J'ajoute qu'elle paraît se rattacher, d'une manière assez étroite, au phénomène de la mue.

        Chervin, Bégaiement 322-3: J'ajoute que nombre d'eunukoïdes [323] sont tentés de se croire des contralti exagérés, et ils s'attendent qu'une fois débarrassés de leur exagération d'acuité vocale, ils vont sûrement retrouver une voix de ténor. Or, non seulement le sujet retrouve une voix normale et bien timbrée, mais chose intéressante autant qu'inattendue, aussi bien pour les malades que pour leur entourage, ce n'est pas une voix de ténor qu'ils retrouvent, mais plus souvent une voix de baryton et quelquefois de basse.

(c)   work of taste

(d)  [Dark an echo]

(e)   scathed

(f)    $X are the 4 stomachs of / $E ruminants /

(g)   rrumen, 1st  paunch / reticulum, 2nd honeycomb / proberum omasum, 3d psaltery / 4th / abomasum, true, reed

                                FW 097.15

(h)  stomatose / rhinolalie

        Chervin, Bégaiement 324: Paul Raugé partage les dyslalies produites par la perversion de la résonnance nasale en trois catégories : 1° troubles phoniques dus à l'intervention continue ou intempestive du timbre nasal groupés sous la rubrique : Excès de résonnance nasale, rhinolalie, nasillement vrai (rhinolalie ouverte de Kussmaul), et dans laquelle il place les rhinolalies par lésions congénitales ou acquises de la voûte osseuse ou du voile du palais, ainsi que les insuffisances vélo-palatines et les paralysies.

        2° Les troubles phoniques dus à la suppression ou à la diminution de la résonnance nasale groupés sous la rubrique : défaut de résonance nasale auxquels il donne le nom de stomatolalie (rhinolalie fermée de Kussmaul) ; il place les troubles: a— par occlusion permanente de l'orifice, dus à l'adhérence du voile ou à des tumeurs du pharynx nasal, b — par oblitération des cavités due à des sarcomes, à l'hypertrophie des cornets, au gonflement inflammatoire, ou à des croûtes ou mucosités.

        3° Enfin les formes mixtes dues à des causes anatomiques produisant à la fois l'occlusion des cavités nasales (stomatolalie) et l'insuffisance du voile (rhinolalie).

(i)   $A nasillard $/\ USA $[ RF

        Chervin, Bégaiement 328: On a beaucoup discuté sur l'origine du timbre nasillard de la voix, M. Biot en a fourni une explication inacceptable : il admet que, dans l'émission ordinaire de la voix, l'air s'échappe seulement "par la bouche tandis que, chez les sujets qui parlent du nez, l'air s'échappe à la fois par la bouche et par les fosses nasales.

(j)    anticyclope [anticyclo]ne

        Chervin, Bégaiement 329: Rappelons d'abord et précisons le rôle des cavités traversées par un courant d'air : 1° elles deviennent sonores par des anticyclones; 2° leur tonalité et leur timbre dépendent de leurs dimensions absolues et relatives par rapport aux tubes adducteurs et abducteurs.

(k)  linguatraction

        Chervin, Bégaiement 334: A côté de l'insuffisance vélaire, il faut placer l'exagération de sa longueur, au point que non seulement la luette disparaît dans le pharynx, mais encore le bord libre du voile du palais n'est pas perceptible ou, tout au moins, est difficilement perceptible, même lorsque l'examen est accompagné de traction de là langue en dehors.

NLI MS 36,639/19 004

(a)  Sir WW his subjects

(b)  bec de lièvre

        Chervin, Bégaiement 343: Becs-de-lièvre et divisions palatines

(c)   fight /violence on [venter] / interuterine violences / imagination / disease

        Chervin, Bégaiement 346: on a successivement attribué ces malformations labio-palatines à des causes aussi diverses que peu probables. C'est ainsi qu'on a invoqué 1'infiuence de l'imagination de la mère, une frayeur pendant la grossesse, les violences extérieures sur le ventre de la mère, des violences exercées par le foetus sur lui-même avec les mains (Jourdain), les adhérences accidentelles du foetus avec le cordon ou les membranes (Isid Geoffroy Saint-Hilaire), les maladies foetales (Velpeau).

(d)  harelip no taste

        Chervin, Bégaiement 350 : L'autoplastie palatine a sur la prothèse un certain nombre d'avantages généraux très appréciables que je me bornerai à citer, pour ne pas m'écarter de mon sujet : je veux parler de la restitution de la gustation et surtout de la sanité des cavités nasale et buccale.

(e)   Fittzhoorson / Fitzhuoson

(f)   $[ conscience money

(g)  bMockmacmahonitch

          FW 29.15-16

(h)  bHo’Begorumsen 

FW 29.15-16

(i)   bFauxfitzhuorson

FW 529.20

(j)    a burse

        Chervin, Bégaiement 350-1: l'opération chirurgicale a encore l'incomparable supériorité d'être une mesure définitive, tandis que l'appareil prothétique, même le plus simple, a besoin d'être renouvelé. C'est là une considération de première importance au point de vue [351] matériel, même pour les familles aisées, et, à plus forte raison, pour les petites bourses, et enfin pour la clientèle hospitalière.

(k)  brestaure her palate

        Chervin, Bégaiement 352: lorsque l'opération a été bien faite, elle fournit, dans la très grande majorité des cas, un voile du palais suffisant pour la phonation. Cela est tellement vrai que, dans un cas où l'opération faite par un chirurgien de Berlin sur une fillette de neuf ans n'avait pas réussi, et où le voile du palais était mal restauré, je suis arrivé cependant, par des exercices rationnels et méthodiques, à donner en deux mois, à cette enfant, une prononciation très satisfaisante.

 

[…]

VI.B.17.035

(h)   $E at sea pebbles ---- / mouth / pebbles under aiselles / in mouth / mirror / at sea / climb btreadmill

        Chervin, Bégaiement 409: Satyros ne s'est pas borné là ; si l'on entre dans les détails, on voit bien que les cailloux ne constituent qu'un élément de son éducation.

        On sait, en effet, qu'il le fit placer sous des épées nues, pour le déshabituer de hausser les épaules ; qu'il l'engagea à s'exercer devant un miroir. Comme il avait la voix faible, il l'envoya lutter contre le bruit des vagues ; enfin, pour développer sa respiration, il lui recommanda de gravir les montagnes en récitant.

        FW 494.24

(i)   handcuffs to play piano

        Chervin, Bégaiement 408-9: Et, de même qu'aujourd'hui certains profes-[409]seurs de piano conseillent à leurs élèves de s'exercer en se mettant des bracelets de plomb, afin qu'ensuite lorsqu'ils les quitteront pour exécuter en public, leurs mains soient plus légères ; de même Satyros a pu lui dire : Mettez vous quelques cailloux dans la bouche, votre articulation vous paraîtra plus facile lorsque vous ne vous en servirez pas.

(j)    Demosthenes lives underground >

(k)  bhalf head shaved

        Chervin, Bégaiement 407: « Dès ce moment, il fit construire un cabinet souterrain qui subsistait encore de mon temps (1), dans lequel il allait tous les jours s'exercer à la déclamation et former sa voix. Il y passait jusqu'à deux ou trois mois de suite, ayant la moitié de la tête rasée, afin que la honte de paraître en cet état l'empêchât de sortir, quelque envie qu'il en eût. »

VI.B.17.036

(a)  auriculaire (little finger)

        Chervin, Bégaiement 413: ce sont d'ordinaire les matrones et les sages-femmes qui font l'opération. Et comme les ciseaux sont d'un emploi [413] difficile, l'opération se fait avec l'ongle du petit doigt que ces respectables personnes laissent croître démesurément, pour permettre la section du frein en promenant l'auriculaire sous la langue de l'enfant.

(b)  thumb in ear

(c)   sagefemme lets fingernail / grow long

        Chervin, Bégaiement 433-4: « Des ongles non taillés par devoir professionnel, on voyait cela au xvie siècle. Les sages femmes du temps avaient charge de montrer [434] cette curiosité, l'ongle de l'index surtout. Plus long et pointu était-il, mieux l'usage en apparaissait approprié. Car c'était un instrument de chirurgie, une façon de bistouri corné, cet ongle que les ciseaux n'entamaient pas. Il ne servait à rien moins qu'à déchirer le filet de la langue chez le nouveau-né.

(d)  $/[ Doublin (Dop

(e)   rue Fallope (tube)

        Chervin, Bégaiement 434: « Ce médecin, qui ne craignait pas de déchaîner contre lui l'amour-propre des matrones, était professeur à Padoue, où il avait remplacé Fallope en 1565. »

        Note: Fallopian tube. See U 15.86-7. Anatomists speak of the Fallopian tube, the Fallopian aqueduct, or the Fallopian canal, but not of a Falopian street.

(f)   silver / crown bistouri

        Chervin, Bégaiement 436-7: L'opération se fait le plus souvent avec une [437] vieille monnaie d'argent (1) mince et usée, dont la circonférence est rendue tranchante par un aiguisage prolongé sur une pierre dure.

        (1) La pièce d'argent joue en Bulgarie un grand rôle dans d'autres opérations délicates, entre autres pour les organes génitaux des enfants, surtout du sexe féminin.

(g)  tongue grew on / propendula >

(h)  bmacroglossia

        Chervin, Bégaiement 446: Ces cas de macroglossie, lingua propendula, etc., sont incontestablement très rares.

FW 525.08

(i)   worm a dog

        Chervin, Bégaiement 450: On croit également qu'en coupant le frein de la langue d'un petit chien on peut arrêter sa croissance. Le remède est efficace tant que la bouche du pauvre animal est à vif. Cette opération est appelée : worming.

        On trouve la phrase suivante dans Shakespeare :

        « Can you worm a dog ? »

(j)    S. Criard

        Chervin, Bégaiement 452: M. Cuzacq (de Tarnos, Landes) dit également que saint Criard empêche les enfants de crier.

(k)  Sta Caquita

        Chervin, Bégaiement 455: M. L. de Nussac a publié, dans le Bulletin du Comité des Travaux historiques et archéologiques (Imp. nat., 1897), une très intéressante étude sur les fontaines en Limousin : cultes, pratiques et légendes. Nous y trouvons les renseignements suivants :

        « Il existe à Ghastary, canton de Tulle (Corrèze), la fontaine de Sainte-Foy, où l'on conduit les enfants bègues, muets ou en retard pour parler. Le pèlerinage consiste à boire de l'eau delà fontaine. Dans le patois local on nomme cette fontaine Foun Santa Caquita. Cette fontaine est connue dans les documents d'archives à la date de 1576. »

        Caquita signifie en limousin parler, caqueter, babiller. Santa Caquita est la sainte qui parle, par suite qui fait parler.

(l)   shilling = 24 d 24 oclock

        ??Chervin, Bégaiement 453-4: Une foule nombreuse, le soir de la Pentecôte, accourt à la chapelle... Ceux qui ont des grâces particulières à demander, passent la [454] nuit en priant et en chantant des cantiques

(m) $[ several lingu[ae]

        Chervin, Bégaiement 456-7: « Devant la grotte où vont s'agenouiller les pèlerins, j'avise une vieille femme qui porte la coiffe blanche de Fontenay. Elle vend aux fidèles tout un assortiment de menus objets en cire ayant forme de langues, de pieds, de jambes et de mains.

        « Je lui demande à quoi servent ces étranges figurines. Elle me répond d'un ton traînant : — Quand un enfant est en retard pour parler, on offre une langue au P. Montfort, qui n'a pas [457] son pareil pour dénouer le fil aux muets... Quand on a mal à la jambe, on lui offre une jambe, et ainsi pour tous les maux.

        «Je regarde l'intérieur de la grotte. Les langues, les jambes, les pieds y sont innombrables. Il paraît qu'en Vendée on ne parle pas vite et qu'on y marche lentement. »

(n)  drink holy water / out of massbell

        Chervin, Bégaiement 459: [En Saintonge] On croit encore que si l'enfant a une tendance à bégayer, on lui fait boire de l'eau bénite dans la clochette de la messe.

VI.B.17.037

(a)  try ash = eloquence

        Chervin, Bégaiement 459: Enfin on dit que l'enfant qui est né en août sera éloquent et aimera à parler en public.

        M. le Dr Hôfler, de Tolz (Bavière), dit que contre la paralysie de la langue on mettait autrefois sous la langue un morceau d'écorce de frêne (fraxinus excelsior), pour que la langue, organe de la parole, ne décroisse pas ; car le frêne est le bois antiphtisique.

(b)  ash = schlucksbaum / mundbaum

        Chervin, Bégaiement 459: On appelle aussi le frêne : SCHLUCKBAUM MUNDBAUM, Arbre de la gorge, de la bouche.

(c)   Leonard cuts ties

        Chervin, Bégaiement 459: On faisait aussi un voeu à saint Léonard, le grand libérateur et le successeur rituel d'un dieu païen germanique pour la fécondité. Ce saint délie les liens de la captivité, ceux du corps, et par conséquent du frein de la langue.

(d)  $A enceinte not sew torn / dress on her without / smthg in mouth

        Chervin, Bégaiement 460-1: En Bulgarie, m'a écrit M. Natchoff, de Varna : « Lorsqu'une femme est enceinte, elle ne doit [460] ni coudre ni laisser coudre son vêtement sur elle. Dans le cas où cela serait indispensable et qu'elle ne pourrait pas le retirer, elle doit garder le silence ou mettre quelque chose dans sa bouche, de peur, dit M. le Dr Guintcheff, de souder la langue au plancher de la bouche. Les paysannes, lorsqu'elles sont dans ce cas, mettent ordinairement dans leur bouche le bouton du col de leur chemise ou les rubans qui en tiennent lieu.

(e)   always finish phrase / quickly

        Chervin, Bégaiement 460-1: M. Michel Federowski, de Kossin, dit que [461] pour assurer la parole facile à leur enfant et le soustraire aux causes de troubles de la parole, la mère doit, pendant la première moitié de sa grossesse, terminer immédiatement chaque phrase commencée.

(f)   dry sucklings tongue / with her hair & / red ribbon

        Chervin, Bégaiement 461: Puis lorsque l'enfant est né, pour le protéger contre les troubles de la parole et le muguet, la mère,après avoir donné à téter pour la première fois à son nouveau-né, doit lui essuyer la langue avec ses cheveux ou une bandelette de laine rouge.

(g)  Announce $/\s names / or $I.1’s?

        Chervin, Bégaiement 461: De même, pour que l'enfant parle de bonne heure, le parrain et la marraine, à leur retour de l'église,doivent avant de saluer les assistants annoncer à haute voix à tout le monde les noms donnés à l'enfant à la cérémonie du baptême.

(h)  coq bègue

        Chervin, Bégaiement 463: Il ne faut pas montrer un coq à un enfant, autrement il deviendra bègue.

(i)   bS. Momolin

        Chervin, Bégaiement 464: J'ai été fort surpris de recevoir, il y a quelques années, le prospectus d'un marchand de statues religieuses, dans lequel figurait saint Momolin comme patron des bègues.

(j)    bS Begga

        Chervin, Bégaiement 467: On vient de me signaler le culte dont sainte Begga, mère de Pépin d'Héristal, est l'objet à Andenne, province de Namur (Belgique), où, probablement à cause d'une quasi-homonymie, on l'implore pour les bègues.

(k)  S René

        Chervin, Bégaiement 467: On lit dans la Revue et Revue des Revues du 1er octobre 1900, article « la Bretagne païenne », p. 7 : « Saint René, par qui s'efface le bégaiement ». Cette affirmation n'est malheureusement accompagnée d'aucune explication.

VI.B.17.038

(a)  bivyleaf under tongue / v deafness

        Chervin, Bégaiement 467: Miss Marian Roalfe Cox, de Londres, dit que, si on croit l'un des Cent beaux Contes (Hundred mery tales), une feuille de lierre est la meilleure chose à mettre sous la langue d'une femme pour la guérir de la surdité.

FW 485.21-22

(b)  aspen v mutism >

(c)   W not to hear bans

        Chervin, Bégaiement 468: Il a lui-même donné l'exemple en communiquant les quelques traditions suivantes (1) de la Grande Bretagne :

        — Si une femme entend publier ses bans, ses enfants seront sourds-muets (Angleterre, Common).

        — Une feuille de tremble sous la langue, guérit le mutisme (C. Mery Tales, publié dans Black's Folk medecine, 203).

(d)  not eat fish first

        Chervin, Bégaiement 469: Dans le gouvernement de Kielce, on prétend qu'il ne faut pas donner de poisson à manger à un enfant qui ne parle pas encore, car il serait muet.

(e)   contagion

        Chervin, Bégaiement 469: Pologne. — Mme Sophie Kowerska me dit que, dans sa région, on croit qu'il ne faut pas laisser un bébé avec un muet, car son infirmité est contagieuse.

(f)   kiss [$E]

        Chervin, Bégaiement 469: Dans les environs de Bichawa, près Lublin, on prétend qu'un enfant devient sourd-muet lorsqu'il fait une chute sur la tête, et qu'il se produit un enfoncement du sommet du crâne.

        Pour éviter le danger du mutisme, il faut relever la partie enfoncée, et pour cela appliquer les lèvres à cet endroit et aspirer fortement.

(g)  Qui langue a , à Rome va

        Chervin, Bégaiement 470: « Qui langue a, à Rome va. »

 

 

[The other sources will be detailed in the second part of this article]



[1] David Hayman’s introduction describes it as “a coverless notebook (with its leaves detached from its binding)” and warns us that “It could have been filled from either side.” (JJA 33:xi).

[2] See Luca Crispi’s catalogue description on http://library.buffalo.edu/pl/collections/jamesjoyce/catalog/vib17.htm

[3] Although it was later reunited with the notebook now in the Buffalo collection.

[4] I thank Geert Lernout and Robbert-Jan Henkes for their suggestions and the Paris ITEM James Joyce Research group, particularly Françoise Antiquario, Danièle Constantin, Claude Jacquet, Suzanne Kim and Hélène Pauchard, for their help with this notebook.


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